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Pensée positive VS pensée négative : l’essentiel est de réguler



Le débat revient souvent, en coaching comme en management :

Faut-il penser positif pour aller bien ? Les pensées négatives abîment-elles le cerveau ?


Derrière ces questions se cache une croyance tenace, parfois anxiogène :

👉 certaines pensées seraient “toxiques”,

👉 d’autres “neuro-protectrices”.


La neuroscience invite pourtant à déplacer le regard. Non pas vers le contenu de la pensée…mais vers la manière dont elle est vécue, répétée et régulée.

Et ce changement de focale est loin d’être anecdotique.


Une pensée, ce n’est jamais “juste une pensée”


Sur le plan neurobiologique, une pensée correspond toujours à une activation de réseaux neuronaux. Lorsqu’elle se répète, ces réseaux se renforcent. C’est le principe fondamental de la plasticité cérébrale, souvent résumé par la loi de Hebb : “neurons that fire together, wire together”.


Autrement dit :

  • une pensée ponctuelle laisse peu de traces,

  • une pensée répétée, chargée émotionnellement, structure progressivement le cerveau.


👉 Le cerveau n’enregistre pas le “positif” ou le “négatif” comme des catégories morales.👉 Il enregistre la fréquence, l’intensité émotionnelle et le contexte de sécurité ou de menace.


Pensée négative et cortisol : ce que dit vraiment la science


Oui, le lien entre stress chronique et cortisol est solidement établi.Oui, une activation prolongée de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (axe HPA) peut avoir des effets mesurables sur le cerveau.


Les recherches montrent notamment que :

  • le cortisol chronique peut freiner la neurogenèse dans l’hippocampe,

  • il peut réduire la plasticité synaptique,

  • il est associé à des altérations fonctionnelles du cortex préfrontal (prise de recul, décision, régulation émotionnelle).


Mais une confusion persiste.

Non, une pensée négative ne “détruit” pas les neurones.

Non, le cortisol n’est pas un poison (il est indispensable à la survie).

Non, vivre une difficulté ou une émotion inconfortable n’abîme pas le cerveau.


👉 Le facteur déterminant est ailleurs : la rumination chronique non régulée, vécue comme une menace durable et sans issue.

Le cerveau souffre moins de ce qui est difficile…que de ce qui est sans régulation, sans sens, sans marge de manœuvre.


Et la pensée positive ? Le mythe du cerveau optimiste


À l’autre extrémité du spectre, une autre idée s’est installée :penser positif stimulerait le BDNF, cette fameuse protéine souvent présentée comme une “molécule du bonheur neuronal”.


Là encore, la science appelle à la nuance.

Le BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor) joue effectivement un rôle clé :

  • il soutient la survie neuronale,

  • favorise la plasticité synaptique,

  • protège contre les effets délétères du stress chronique.

Mais il n’est pas sécrété parce qu’on se répète des pensées positives.


Les leviers les plus puissants d’augmentation du BDNF sont bien identifiés :

  • l’activité physique,

  • l’apprentissage et la nouveauté,

  • l’engagement cognitif réel,

  • le sommeil,

  • la qualité des relations,

  • la diminution du stress chronique.


👉 Autrement dit :le cerveau ne réagit pas à l’optimisme forcé, il réagit à des conditions de sécurité, d’engagement et de régulation.


Le vrai clivage n’est pas positif / négatif, mais régulé / non régulé


C’est ici que le neuro-coaching prend tout son sens.


Une pensée dite “négative” peut être :

  • lucide,

  • ajustée,

  • protectrice,

  • structurante.


Une pensée dite “positive” peut être :

  • déconnectée,

  • défensive,

  • évitante,

  • contre-productive.


👉 Le cerveau ne cherche pas à “aller bien”.

👉 Il cherche à réduire l’incertitude et la menace.


La régulation émotionnelle permet précisément cela :

  • apaiser l’amygdale,

  • redonner de la latitude au cortex préfrontal,

  • restaurer une capacité de choix.


Réguler, ce n’est pas contrôler


En coaching, on confond parfois régulation et maîtrise. Or, réguler ne signifie pas supprimer une pensée ou une émotion.

Réguler, c’est :

  • reconnaître ce qui est là,

  • le nommer sans s’y identifier,

  • créer une distance suffisante pour penser autrement.


C’est ce mouvement qui permet au cerveau de passer :

  • d’un mode survie à un mode adaptation,

  • d’un automatisme à une réponse choisie.


Et c’est précisément dans cet espace que se développent :

  • la plasticité neuronale,

  • la créativité,

  • la résilience cognitive.


Ce que cela change en coaching et en management


Dans les environnements professionnels sous tension, ce cadre est précieux.

Il invite à sortir :

  • du positivisme injonctif,

  • de la négativité chronique,

  • des discours simplistes sur le “mental”.


Pour entrer dans une posture plus juste :

  • accueillir la complexité,

  • travailler la régulation plutôt que le contrôle,

  • renforcer la sécurité psychologique.


👉 Le manager ou le coach n’aide pas à “penser mieux”.

👉 Il aide à penser de façon plus régulée.


Et cette compétence, bien plus que l’optimisme, est aujourd’hui un véritable facteur de performance durable.


En conclusion


La neuroscience ne valide ni le catastrophisme mental…ni le positivisme magique.

Elle valide autre chose, plus exigeant et plus humain :

Le cerveau ne demande pas d’être positif. Il demande d’être régulé.

Et c’est sans doute là que le coaching contemporain trouve l’un de ses leviers les plus puissants.


Sources scientifiques

  • McEwen, B. S. (2007). Physiology and neurobiology of stress and adaptation. Physiological Reviews.

  • Sapolsky, R. M. (2004). Why Zebras Don’t Get Ulcers. Holt Paperbacks.

  • Damasio, A. (1994). Descartes’ Error. Putnam.

  • Davidson, R. J., & McEwen, B. S. (2012). Social influences on neuroplasticity. Nature Neuroscience.

  • Park, H., & Poo, M. M. (2013). Neurotrophin regulation of neural circuit development. Nature Reviews Neuroscience.

  • Erickson, K. I. et al. (2011). Exercise training increases size of hippocampus and improves memory. PNAS.

 
 
 

1 commentaire

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Camille
24 déc. 2025
Noté 5 étoiles sur 5.

Merci pour cet éclairage au-delà du clivage.

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